J’étais tranquille j’étais peinard. il est entré dans ma demeure, a commandé la lumière. Puis il s’est approché de moi.…
Il a ouvert et vite refermé et il est revenu avec les garçons le lendemain, le 7 juillet
Regardez ces enfants, comme ils me désignent du doigt, émerveillés, comme s’ils découvraient un secret du monde. Ils ne me connaissent pas encore… mais bientôt, ils comprendront.

Où suis-je ? Devinez l’endroit que j’ai choisi pour nous.
Observez bien : je me suis installée dans un écrin de verdure, là où la forêt murmure à l’oreille de la rivière du Ter, à Ploemeur, près de Lorient. Une maison soignée, rénovée, un refuge parfait — nous, les “bees”, nous adorons ces lieux bien isolés, où ni la chaleur ni le froid ne nous importunent. Entre le volet et la vitre, je me suis glissée, discrète, comme une ombre dorée. Les garçons m’ont aperçue, captivés par ce spectacle inattendu.
Hier, le 5 juillet, Gérard, le grand-père, a entrouvert la fenêtre… puis l’a refermé bien vite. Ouf. Mes gardiennes ont frémi, mais le danger est passé. Aujourd’hui, le 6 juillet, leurs rires résonnent, légers. C’est un bon présage.
Le voyage d’une Reine

Regardes le 7 juillet, le garçon , je ne sais pas son nom, il me regarde avec une loupe, travailler avec ma colonie. nous nous sommes placés dans le coin du rebord de fenêtre.
Depuis combien de temps, suis-je là. Depuis le début du mois de Mai, il faisait beau et depuis quelques jours, j’aie décidé avec mes chères auxiliaires de partir, notre ruche était trop nombreuse, une nouvelle reine venait de naître et moi avec mon expérience nous nous sommes préparés à partir le matin de bonne heure.
Alors, avec mes fidèles, nous avons préparé notre exode. Au petit matin, nous avons fait halte à cinq mètres de là, dans un arbuste, le temps que toutes soient prêtes. Puis, mes ouvrières ont trouvé l’endroit idéal : ce coin de fenêtre, entre le mur et le bois, un sanctuaire inattendu.
Regardez comme, en deux mois, nous avons bâti notre royaume. D’abord, nous nous sommes accrochées en haut, formant un ruban doré, un rayon de cire. « Un saucisson ! » a dit l’un d’eux en riant. Mais non, c’est bien plus que cela : c’est l’œuvre de mes cirières, ces ouvrières d’élite, âgées de douze à dix-neuf jours. Grâce à leurs 8 glandes magiques, nichées sur leur abdomen, elles transforment le nectar en cire — une alchimie délicate. La cire naît liquide, puis durcit en fines écailles translucides, légères comme des pétales de lumière. Mes abeilles la malaxent, la pétrissent avec leur salive, et la voilà : une pâte malléable, prête à sculpter notre futur.
Nous construisons du haut vers le bas, méthodiques, infatigables. Mes ouvrières sont si nombreuses que plusieurs rangées s’élèvent en même temps, comme une cathédrale miniature.

Depuis quand suis-je ici ? Depuis les premiers jours de mai, quand le soleil caressait la terre. Mais il y a quelques jours, j’ai décidé de partir. Notre ruche était devenue trop peuplée, une nouvelle reine y naissait… Alors, avec mes fidèles, nous avons préparé notre exode. Au petit matin, nous avons fait halte à cinq mètres de là, dans un arbuste, le temps que toutes soient prêtes. Puis, mes ouvrières ont trouvé l’endroit idéal : ce coin de fenêtre, entre le mur et le bois, un sanctuaire inattendu.

La danse des butineuses
Moi, la Reine, je ne quitte jamais ma ruche. Mais il faut bien nous nourrir ! Comment font-elles, mes abeilles, pour rapporter le festin ? Par l’étroit passage entre le mur et le volet, un corridor secret. En bas, un massif d’hortensias nous protège des intrus. Même Gérard ne peut plus ouvrir les volets — tant mieux. Peut-être aurais-je dû demander la permission à Maryvonne, la maîtresse des lieux… Mais le cœur a ses raisons.
Au début, les humains ont discuté, peut-être même appelé la mairie. Heureusement, ils ne nous considèrent pas comme des nuisibles. Et puis, qui oserait fermer ses volets tout l’été ? Les garçons ont plaidé pour nous, invoquant la clause de sauvegarde des abeilles. L’été est là, et nous, nous dansons.
La vie dans la colonie
Le 13 juillet, si tu observes bien, tu verras notre ballet intérieur. Autour des colonnes d’alvéoles, mes filles s’affairent, chacune à sa tâche. « C’est le chaos ! » diras-tu. Non, c’est l’ordre parfait. Certaines alvéoles, hexagonales ou irrégulières, brillent de miel doré ; d’autres, vides en apparence, abritent nos œufs et nos larves, promesses de demain.
Moi, la Reine, je règne cinq ans si les dieux le permettent. Mais je dois me méfier : des prédateurs rôdent, des maladies guettent, et si je ne ponds plus assez, mes propres abeilles pourraient me destituer. C’est aussi pour cela que j’ai choisi de partir, de fonder un nouveau royaume.
Le ballet des abeilles
Le 26 juillet, observez la sortie de la ruche. Des gardiennes montent la garde, tandis que les butineuses exécutent leur danse aérienne. Leurs mouvements tracent des cartes invisibles, indiquant aux autres où trouver les trésors de la nature.
L’été est doux, et vos visites me réjouissent. J’espère que vous nous défendrez… car les frelons asiatiques rôdent. Ces géants venus d’Asie, redoutables comme les cavaliers de Gengis Khan, guettent mes butineuses. Ils les dévorent, chargées de nectar. C’est un SOS que je vous lance.
Souvent en fin de journée, mes abeilles qui surveillent l’entrée vers le trésor s’agglutinent en grappes: quand il n’y a pas de danger, elles se chauffent au soleil, quand il y a une menace, c’est un bouclier d’abeilles contre les frelons , notre terreur.

Regardez mon œuvre le 30 septembre: nous avons perdu déjà une grande partie de notre colonie à cause des frelons. Ce n’est plus l’époque où je peux les remplacer en augmentant ma capacité de pontes comme au printemps. Pour passer l’hiver, qui approche, nous avons fermé nos rayons qui sont devenus des rayons amorphes. Gérard et Maryvonne sont repartis et les garçons sont aussi repartis.
Épilogue : une Reine vous parle
Je suis la Reine, mais je ne suis qu’une maillon de l’éternel cycle. Regardez-nous vivre, bâtir, danser. Nous sommes la magie discrète de la nature, un murmure d’ailes et de lumière. Aidez-nous à survivre, et nous vous offrirons le miel de la terre.
Merci Gérard et Maryvonne et les trois garçons que je n’oublient pas. Je ne suis pas certaine de garder ma colonie, l’année prochaine et je compte sur vous tous, lecteurs, pour participer à la lutte contre les frelons asiatiques.

Quelle belle histoire! Merci au conteur qui nous tient en haleine..J’ai eu le plaisir de faire sa connaissance avant hier après midi en osant rentrer dans le jardin de Saint Colomban et en compagnie d’un couple de Lille St Phil, ami de ce conteur jardinier, j’ai passé un moment délicieux, je dirais même suspendu..
Je reviendrai dans ce lieu où des gens généreux s’occupent de la nature. Bravo!
Merci et à bientôt à StCojardin Laurent